La Marche des Obstinés arrivée à destination

Après quatre jours de marche, fatigués, nous atteignîmes finalement notre but, place Beaubourg. Le baume au cœur nous vint puisque partis à trois, le minimum syndical pour porter la banderole et tenir la voiture-balais, nous arrivâmes à trente.

Nous fûmes surpris d’être accueillis par tant de bienveillance malgré nos effectifs restreints. Une telle joie, à titre personnel, m’a ému aux larmes. C’est ça, l’Émotion Fondamentale.

L’Émotion Fondamentale. Vivre l’instant dans sa plus grande richesse. Profiter, horizontalement, verticalement, en trois dimensions, de l’élan qui nous submerge. Se sentir sur la corde raide de la sensibilité, en harmonie avec le monde.
Car c’est bien cela, le fond. C’est bien pour cela que nous nous mobilisons, que nous nous battons.

L’état d’esprit que l’on nous impose, celui de la destruction de tout émotionnel, toute volonté de prendre le temps de profiter de son existence, est délétère plus que tout au progrès humain, à la condition humaine en tant que telle.

On nous impose un froid système.

À l’harmonie, on nous oppose l’atonie d’un marteau qui frappe implacablement, de plus en plus prestement et régulièrement, sans plus d’âme.
À la curiosité, nous est opposée la froide hyperspécialisation, la destruction progressive de l’adaptabilité, toujours sous l’égide de la sacro-sainte efficacité derrière laquelle nos leaders nous font courir pour finalement aboutir à plus d’inégalités.

Oui nous prenons le temps de bâtir des argumentaires rationnels, d’une complexité parfois extrême, afin de faire prendre conscience de notre droit à la crédibilité.
Mais prenons le temps également de réfléchir aux affects qui nous poussent, de les expliciter pour qu’on les comprenne, pour qu’il ne soit plus utilisé de raccourcis descriptifs les concernant.

N’oublions pas notre part d’humanité.
C’est notre cri.
Celui des universités aussi.

Sayonara

Théo

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